Journal · 8 août 2026 · Enquête

J'ai contrôlé 29 sites de petites entreprises. Aucun n'était indemne.

Un site qui s'affiche bien chez soi peut être cassé partout ailleurs. C'est le problème de fond : le propriétaire est la seule personne au monde qui ne verra jamais le défaut, parce qu'il connaît son site par cœur et qu'il le regarde toujours du même ordinateur.

Au mois d'août 2026, j'ai passé au contrôle 29 sites de petites entreprises françaises — plombiers, couvreurs, garages, toiletteurs, restaurants, cabinets. Pas des sites bâclés : des sites ordinaires, la plupart réalisés par un professionnel, certains tout à fait soignés.

Vingt points par site, contrôlés un par un : temps de réponse chronométré, certificat de sécurité lu, serveurs de messagerie interrogés, liens du menu ouverts un par un, page chargée dans un vrai navigateur à la largeur d'un téléphone. Aucune estimation, aucune note automatique sur 100.

Le résultat : 96 défauts au total, soit 3,3 par site. 11 sites sur 29 ont au moins un défaut sérieux — un défaut qui leur coûte des clients sans qu'ils puissent le savoir. Et aucun des 29 sites n'était totalement indemne.

Les défauts qui coûtent vraiment des clients

Tous les défauts ne se valent pas. Certains font perdre un peu de visibilité dans Google ; d'autres font perdre des clients qui étaient prêts à écrire. Voici les seconds, dans l'ordre où je les ai rencontrés.

Les défauts qu'on ne voit pas, mais que Google voit

Ceux-là ne font pas fuir un visiteur déjà arrivé. Ils font qu'il n'arrive jamais, ou qu'il arrive moins souvent.

Le défaut le plus coûteux est aussi le plus invisible

Il n'apparaît pas dans le classement ci-dessus, parce que je ne peux pas le mesurer à distance sans tricher : le formulaire de contact qui n'envoie nulle part.

Le visiteur remplit le formulaire, voit le message « merci, nous vous répondrons rapidement », et repart confiant. Le message, lui, n'est jamais parti. Personne ne le sait : ni le client, qui pense qu'on l'ignore, ni le propriétaire, qui trouve simplement que le site ne rapporte rien.

Sa cousine se mesure, en revanche : l'adresse de courriel affichée dont le domaine ne peut recevoir aucun message. Une adresse en « gmail.fr » au lieu de « gmail.com », un domaine dont la messagerie n'a jamais été configurée. Tout ce qui part dessus revient en erreur, et l'expéditeur croit à un silence.

Pour le vérifier vous-même, il n'y a qu'une méthode et elle prend trente secondes : envoyez-vous un message depuis votre formulaire, avec une adresse que vous n'utilisez jamais. S'il n'arrive pas dans les cinq minutes, vous venez de trouver votre plus gros problème.

Comment contrôler votre site vous-même

Rien de ce qui suit ne demande de compétence technique. Comptez dix minutes.

Ce que ça dit du marché

Sur 29 sites, pas un seul n'était parfait. Ce n'est pas une anomalie de l'échantillon : c'est l'état normal du web des petites entreprises. Un site se fabrique une fois, se met en ligne, et plus personne ne le regarde. Le prestataire est parti, le gérant a autre chose à faire, et les défauts s'accumulent en silence pendant des années.

Ce n'est la faute de personne. Un plombier n'a pas à savoir ce qu'est une balise de description, et il aurait tort d'y passer ses soirées. Mais quelqu'un doit regarder de temps en temps, et ce quelqu'un ne peut pas être celui qui connaît le site par cœur.

Si vous préférez que je regarde

Je contrôle vingt points sur un site pour 45 €, et je rends un rapport écrit en français simple : chaque défaut avec ce que j'ai mesuré, classé du plus coûteux au plus anodin, plus la liste de ce qui va bien. Rendu sous 48 heures.

Pour 90 €, je corrige et je renvoie les fichiers prêts à remettre en ligne, avec un second contrôle pour le prouver.

Et si votre site n'a aucun défaut, je vous le dis et je vous rembourse. C'est la seule façon d'avoir des chiffres honnêtes — et c'est aussi pour ça que ceux de cet article valent quelque chose.

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